LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON : Le gouvernement prend une nouvelle disposition pour mieux protéger les consommateurs

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Qu’on les achète en connaissance de cause ou qu’on ait été berné par un commerçant, on a presque tous eu affaire à des produits contrefaits. Surtout que même le fait de faire nos achats dans des magasins, apparemment au dessus de tout soupçon, n’est pas une garantie. Il est souvent difficile, mais pas impossible heureusement, de faire la différence avec le produit original.

Le Comité National de Lutte contre la Contrefaçon, CNLC, est une autorité administrative indépendante qui a pour mission de lutter contre la contrefaçon et le piratage sur toute l’étendue du territoire national. En Côte d’Ivoire, selon son coordonnateur, le Colonel Lejeune Bahin, à peu près 80% des produits importés sont contrefaits. Ce qui donne une idée de l’ampleur de ce fléau. Produits alimentaires, médicaments, textile, produits cosmétiques, pièces détachées automobiles, appareils électroménagers… Aucun secteur n’est épargné.

570 MILLIONS DE PRODUITS CONTREFAITS SAISIS EN 2017

Le rapport 2017 de la surveillance du marché produit par les services du Ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME révèle que l’ensemble des espaces commerciaux de proximité sur le territoire national recèle de quantités importantes de produits manufacturés de contrebande, de contrefaçon et quelquefois périmés ou prohibés.

Rien qu’en 2017, ce sont plus de 570 millions de produits contrefaits qui ont été saisis sur l’ensemble du territoire nationale. La contrefaçon est partout. Et l’économie nationale en subit les conséquences désastreuses. On peut citer entre autres la fermeture d’entreprises, notamment dans le secteur textile, les licenciements massifs, la baisse de l’activité économique, la réticence des investisseurs…

Les consommateurs aussi payent un lourd tribut, en matière de santé et de sécurité.  Prenons la santé, les faux médicaments sont au mieux inefficaces, au pire toxiques, voire mortels pour ceux qui les consomment. Ils sont responsables, en très grande partie, des taux élevés de morbidité et de mortalité. Selon l’Organisation mondiale de la santé, en Afrique, près de 100.000 décès par an sont liés au commerce de médicaments contrefaits.

Pour le volet sécurité, on peut prendre pour exemple l’utilisation de matériel électrique contrefait et de mauvaise qualité qui favorisent les courts-circuits et autres incendies.

MISE EN ŒUVRE D’UN PROGRAMME DE VERIFICATION DE LA CONFORMITE  DES MARCHANDISES A LA COMMANDE ET AUX NORMES AVANT EMBARQUEMENT

Pour mettre un frein à ce phénomène, et donc, protéger les intérêts des importateurs, des consommateurs, des industries et l’environnement, le gouvernement a décidé, par décret N° 2017-567 du 06 septembre 2017, de mettre en œuvre un programme de vérification de la conformité  des marchandises à la commande et aux normes avant Embarquement à Destination de la République de Côte d’Ivoire à partir du 16 juillet 2018 (date du connaissement, ou lettre de transport aérien, ou titre de transport routier). Désormais, tout produit qui entre dans le pays devra d’abord respecter nos normes. Pour ce fait, une convention a été signée avec le Bureau VERITAS Inspection Valuation Assessment and Control (BIVAC BV) ; COTENA Inspection ; INTERTEK International limited et la Société Générale de Surveillance (SGS). Quatre organismes outillés dans la conformité et la certification. Les prestataires, au travers de leur réseau international de filiales et laboratoires interviendront dans tous les pays d’exportation ou d’origine pour s’assurer de la conformité aux normes des produits concernés par le programme.

Nul doute qu’avec ces nouvelles dispositions, les consommateurs seront davantage protégés contre les produits de contrefaçon de toute nature.