QUAND LA CONTREFAÇON S’INVITE DANS NOS ASSIETTES

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Bien belles sont les étiquettes des produits alimentaires. Et pourtant, certains emballages cachent bien autre chose que ce qu’ils annoncent… Des produits qui peuvent se révéler dangereux pour les consommateurs et qui ont également des répercussions négatives sur les activités des fabricants des produits d’origine. L’agro-alimentaire est fortement en proie aux contrefaçons et trafics alimentaires. La contrefaçon ici, peut prendre diverses formes. Des allégations mensongères sur le calibrage ou l’origine par exemple.

Faisons le tour du monde… Quelques chiffres

La contrefaçon pèse 2,5% du commerce mondial, selon l’OCDE. En mars 2009, 58.000 barres chocolatées Kinder ont été saisies dans le port du Havre. Près de 26 millions de litres d’alcool frelaté ont été saisis par Interpol, en 2017. L’un des produits préférés des Italiens, la Mozzarella, a également été la cible de contrefacteurs ; le fromage était fabriqué à base de lait caillé et de produits laitiers périmés et fumé par combustion d’ordures ménagères à l’arrière d’un camion…des détails qui font froid dans le dos. En Côte d’Ivoire, 303,313 tonnes de produits prohibés ou périmés, d’une valeur totale de 325.437.305 FCFA, ont été saisies et détruites par broyage et incinération, en 2017.

La contrefaçon agro-alimentaire, quel enjeu pour le consommateur ?

Ce phénomène à la peau dure menace directement la santé du consommateur dans la mesure où les contrefacteurs utilisent des produits susceptibles de favoriser des maladies. L’avidité des malfaiteurs qui ne pensent qu’au gain peut même aller jusqu’à entrainer la mort. Ces atteintes ont des conséquences sur les conditions de vie des populations, sur la santé publique et majorer les dépenses de santé pour l’État. Clairement, la contrefaçon constitue un véritable problème de santé publique.

Que fait l’État ?

Rappelons avant tout que le mal est profond. Les saisies de produits alimentaires contrefaits ne sont donc que la partie visible de l’iceberg. Les différentes actions menées par le ministère du Commerce et le Conseil National de lutte contre la contrefaçon axées sur la sensibilisation, le suivi sur les marchés et la répression des fraudes ont permis une réduction significative de la fraude qui étaient estimée à deux milliards FCFA. Cependant, cette lutte contre la contrefaçon agro-alimentaire devrait être également l’affaire de chaque citoyen. Et même si les aliments contrefaits semblent revenir moins chers aux consommateurs, est-ce raisonnable de sacrifier sa santé juste pour cela ?